Archives mensuelles : octobre 2014

Les relations publiques : plus que les relations de presse (Bis)

« C’est clair que nous sommes dans un ratio inégal et dans une culture de relations publiques. C’est aussi clair que de plus en plus de gens ont peur de prendre la parole parce que toutes les demandes des médias doivent passer par le filtre des relationnistes. Je ne dis pas qu’ils mentent, mais je trouve que ce serait plus intéressant s’il y avait moins de relations publiques et plus de dialogue. »

Voici ce que disait la professeure Chantal Francœur de l’École des médias de l’UQAM dans le cadre de l’article Frères ennemis de Stéphane Baillargeon, Le Devoir du 4 octobre dernier.

Le débat entre les rapports qu’entretiennent professionnels des relations publiques et journalistes ne se tarit pas. Tant mieux, car vivre dans l’indifférence n’est guère intéressant. De plus, traiter des rapports entre ces deux professions témoigne de l’intérêt mutuel qu’elles se portent.

Comme je l’écrivais dans ce blogue en avril dernier, le ratio relations publiques-journalistes se situait à 4 pour 1[1] au Canada. Il semble que ce ratio soit à 6 contre 1[2] au Québec selon l’article de M. Baillargeon. N’y aurait-il pas plusieurs facteurs en cause ?

Notons entre autres, l’obligation accrue de transparence des organisations, les principes de développement durable et l’engagement de celles-ci à mener des activités qui respectent l’acceptabilité sociale, la multiplication des groupes de pression et les moyens de communication virtuels qui engendrent parfois des situations où la réputation des organisations peut être injustement compromise.

Quel est le lien entre tous ces facteurs et la recrudescence des professionnels en relations publiques ? Pour remplir leur mission, les organisations n’ont pas d’autre choix que de devenir communicantes. Ce sont les professionnels en relations publiques qui sont les mieux placés pour les aider et les accompagner en ce sens. Non pas à mentir comme certains peuvent le prétendre mais plutôt à prévenir certaines situations, ainsi qu’à structurer et mettre en œuvre les stratégies et moyens adéquats qui leur permettront d’assurer la transparence et le dialogue avec leurs parties prenantes qui sont beaucoup plus larges que les journalistes. Cela veut dire : savoir communiquer, intervenir et dialoguer avec un public diversifié, soit les citoyens, consommateurs, gouvernements et autres autorités publiques, actionnaires, groupes de pression, etc.

Lorsque je lis et j’entends que les journalistes ont comme mission de servir le public alors que les relations publiques servent les intérêts privés, je pense qu’il faut nuancer ce propos. Certes, le professionnel des relations publiques représente son employeur ou l’organisation qui l’engage. Toutefois, aucun professionnel des relations publiques n’a intérêt à défendre l’indéfendable ni à encourager ou entretenir le mensonge car il ne fera pas long feu dans la profession. S’il devait se trouver dans une position telle, son devoir et ses responsabilités l’appelle à respecter le plus haut degré d’éthique. De nombreux professionnels des relations publiques sont d’ailleurs membres de la Société canadienne des relations publiques et sont régis par un Code d’éthique. Plusieurs professionnels détiennent l’Agrément en relations publiques (ARP).

Il est important de mettre les choses en perspective et de défaire certaines idées reçues sur les relations publiques souvent véhiculées en journalisme. La définition[3] et la réalité des professionnels en relations publiques est de favoriser les communications et le dialogue entre les organisations et leur public, et non l’inverse.

Lorsque la professeure Francœur aura complété la deuxième étape de son étude en interviewant des « relationnistes », probablement qu’elle connaîtra mieux la profession et infirmera sa première hypothèse à l’effet que… s’il y avait moins de relations publiques il y aurait plus de dialogue. C’est à suivre. Entre temps, maintenons le dialogue relations publiques-journalistes !

Qu’en pensez-vous ?

 

[1] 4.1 PR professionals for every journalist in Canada

[2] Notez le contraste entre les termes : pour et contre.

[3] Les relations publiques – Définition : Les relations publiques sont la gestion stratégique, par le truchement de la communication, des liens entre une organisation et ses différents publics afin de favoriser la compréhension mutuelle, de réaliser ses objectifs organisationnels et de servir l’intérêt du public. (Flynn, Gregory & Valin, 2008)

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