Archives du mot-clé débats

Débats et limites de la transparence en relations publiques

Ce premier article marque mon entrée dans la blogosphère. Je ne saurais commencer cette incursion sans me présenter brièvement. J’ai passé une partie importante de ma vie professionnelle à assumer des postes de direction des communications, notamment en technologies de l’information, en génie-conseil et au sein du milieu associatif. Les articles de mon blogue porteront sur le thème des relations publiques et des communications, mais aussi sur des enjeux de société et des situations qui m’interpellent.

Débats et limites de la transparence
À l’occasion de ma première intervention, je ferai suite à l’article du 3 décembre dernier publié dans le blogue de Pierre Gince, ARP, intitulé Relations publiques et limites de la transparence. Cet article rendait compte d’une récente formation de la Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP) portant sur la transparence des organisations alors qu’elles sont de plus en plus confrontées à des groupes qui s’opposent à tout et à rien.

Les exemples cités par Mathieu St-Amant, de l’Association minière du Québec, et Marie-Claude Lavigne, de Cohn & Wolfe, tous deux conférenciers lors de la formation, en font foi. Outre les ressources naturelles, la majorité des enjeux de société sont souvent débattus dans l’espace public. Comme l’a si bien dit Marie-Claude, les groupes de pression passent rapidement à l’offensive. J’ajouterais qu’ils sont bien organisés et qu’ils se font souvent entendre en amont des débats.

Dans une société démocratique, les groupes de pression contribuent à influencer le système politique. Grâce à l’accès facile aux moyens de communication, incluant les médias sociaux, ils font régulièrement valoir leurs points de vue et revendications sans aucun filtre. Certes, une société libre et vivante ne peut se passer de l’apport légitime d’un engagement citoyen.

Déséquilibre des forces
Mais voilà, qu’il s’agisse d’enjeux liés à la science, à la technologie, à l’éducation, à l’économie, aux sports et aux loisirs, pour ne nommer qu’eux, les arguments des opposants reposent souvent sur des fondements idéologiques, et sont véhiculés par des groupes qui ne bougent pas d’un iota. De plus, il n’est pas rare que les tribunes soient promptement envahies par des «commentateurs professionnels d’opinions» sans réelles connaissances ni compétences. Leur notoriété et maîtrise dans l’art de communiquer encouragent le relais de leurs propos partout : médias traditionnels et sociaux, blogues, etc. Le manque d’esprit critique et de temps fait en sorte que l’opinion publique se cristallise et se façonne comme de la glaise au détriment d’une réflexion préalable et éclairée. En raison du déséquilibre des forces, il devient alors très difficile, voire insurmontable, de faire évoluer les mentalités malgré une transparence toujours plus grande.

Je reprends l’enjeu des ressources naturelles – étroitement lié à la science, la technologie et l’économie. Force est de constater que les activistes et groupes de pression scientifiques et économiques ne sont pas légion. Avez-vous déjà vu un blogue à la fois scientifique, activiste et passionnant résumant une étude en une page ou moins ? Une recherche rapide sur internet m’a fait découvrir le site Les Affaires universitaires. Ce site fait justement état de la situation parfois délicate d’une carrière en recherche incompatible avec des activités de défense des intérêts.

À l’instar des arguments idéologiques qui souvent dominent et entraînent des débats passionnels, les aspects scientifiques auraient avantage à occuper plus l’espace. Toutefois, la rationalité et l’hermétisme de ce genre d’information sont souvent incompatibles avec la rhétorique. Cette information devrait davantage être vulgarisée, car elle ne captive pas et ne perce pas dans une société obnubilée par le clip, la phrase-choc toute faite et les 140 caractères, espaces compris !

Pluralité des groupes de pression
Au nom de la nécessaire transparence de plus en plus exigeante, il serait intéressant de voir s’opposer les groupes de pression d’opinions et d’idéologie à des groupes qui possèdent des connaissances avérées sur un enjeu donné. Les échanges entre les citoyens et les organisations qui souhaitent développer des projets pourraient être davantage diversifiés. Dans les débats de toute nature et complexité, il faut oser la transparence, encourager un dialogue respectueux, mais aussi connaître tous les aspects d’un enjeu de société.

Quiconque intervient dans une tribune doit cependant réunir des qualités intellectuelles, relationnelles et émotionnelles. Même si on n’arrive pas toujours à un consensus, les débats sont sains et permettent de nous rapprocher des parties prenantes. Comme professionnels en relations publiques, nous contribuons à accomplir cette tâche.

L’astronaute Chris Hadfield fera l’objet d’un prochain article : un scientifique extraordinaire qui maîtrise l’art de la communication.

N’hésitez pas à vous exprimer sur cet article !

Publicités